Ateliers de groupe de parole : un espace pour se dire, se reconnaître et se reconstruire
Interview d’Hanane, responsable du pôle social
Responsable du pôle social de c’cité, Hanane encadre l’ESAT, les ECL de Strasbourg et de Metz ainsi que le service social. Elle exerce également en tant que psychologue. Son engagement est profondément lié aux valeurs de l’association, qu’elle dit rejoindre parfaitement , notamment autour de l’inclusion sociale, de l’accès aux droits et de la lutte contre les représentations limitantes du handicap.
Pour elle, les ateliers de groupe de parole sont avant tout « un lieu d’échange autour des répercussions du handicap ». Un espace où l’on peut dire « ce qui est difficile, douloureux, mais aussi ce qui aide et stimule », en s’appuyant sur l’écho des expériences des autres. Hanane insiste sur la dimension créative du groupe : une créativité nécessaire pour faire face à « un quotidien souvent très douloureux et semé de renoncements ». Elle rappelle combien « la complexité de la vie des personnes aveugles et malvoyantes est encore largement sous-estimée ».
Les séances ont lieu une fois par mois, le lundi de 14h à 15h30. Malgré la gravité de certains sujets, Hanane décrit une ambiance « très détendue, où l’on rit beaucoup ». Le cadre est pensé pour accueillir la colère et la tristesse sans les entretenir. « Je veux que les participants sortent de l’atelier avec de l’espoir et de nouvelles perspectives », explique-t-elle.
Un souvenir l’a particulièrement marquée : celui d’une personne très malvoyante en quête de légitimité, incomprise par son entourage et se sentant « comme un imposteur ». Grâce au groupe, cette personne a pu voir sa souffrance reconnue. « Le collectif lui a offert une légitimation sociale sans renforcer un statut de victime, et c’est extrêmement puissant. »
Pour Hanane, ces espaces de parole sont essentiels aujourd’hui, car « le lien social est malade, pas mort ». Les groupes permettent de le « réanimer », en offrant des lieux où l’on peut encore penser ensemble, partager ses blessures et se soutenir. À travers ces ateliers, elle souhaite transmettre des valeurs d’entraide, de solidarité et de résilience : « malgré les injustices, il est possible de se reconstruire et même de devenir plus solide, là où la blessure existe ».
À celles et ceux qui hésitent, Hanane adresse un message simple : « Vous pouvez venir ponctuellement ou régulièrement. Vous aurez toujours votre place. »
c’cité remercie chaleureusement son financeur AG2R La Mondiale pour son soutien, qui permet la mise en place et la pérennisation de ces ateliers de groupe de parole au service des personnes aveugles et malvoyantes.
